L'ABÉCÉDAIRE DE SCHLIEMANN


Petit abécédaire des chasses de Max Valentin

(proposé par Schliemann, en juillet 2008, sur le forum Ultima Forsan de Zarquos)

Afin de se rendre compte de ce que l'on pouvait attendre dans la résolution de la Chouette d'Or, il m'a semblé important de relire ce que Max Valentin avait réalisé dans ses autres chasses. J'aurais voulu réaliser une analyse systématique, mais il est vite apparu que la tâche eût été trop vaste pour le temps que je voulais y consacrer (une trentaine de chasse de parfois plusieurs dizaines d'énigmes représente plusieurs centaines d'éléments à discuter). J'ai donc dû me limiter à un certain nombre de points qui m'intéressaient, et la présentation qui suit donne plus un premier aperçu d'ensemble qu'une rétrospective exhaustive. Je vous prierai donc d'être indulgent pour son caractère partiel et partial. Bien entendu les commentaires que vous souhaiteriez ajouter sont les bienvenus, chacun des articles méritant probablement d'être développé dans un post spécifique. Je compléterai peut-être cette contribution au fur et à mesure de mes lectures.
Enfin, il ne s'agit pas non plus d'une analyse de madits. J'en évoquerai à l'occasion, mais mon analyse ne s'est pas faite à l'aune des madits afin de filtrer ce qui était directement applicable à la Chouette d'Or et de ce qui en était exclu.

Pour les références, j'utiliserai les abréviations suivantes :
Sur la trace de la Chouette d'Or : CO
Le testament de Florence B : FB
La bourse de Saintoyand : BS
Une histoire d'Histoire : HH
Un trésor venu du futur : TF
Le trésor d'Orval : TO
Les chasses Paris-Match 1 à 6 : PM1 à PM6
Le trésor de Malbrouck : TM
Venise, concours 1 et 2 : V1 et V2
Le trésor de la Victoria : TV
Angers, un trésor à découvrir : An
TH2001 - le masque de Nefer : MN
Objectif Trésor : OT
énigme n°1 : e1
supersolution : ss
indication supplémentaire : is

Les énigmes et solutions sont facilement disponibles sur le Net (sites de Monglane, Patrice, asterix, janus). Pour bien suivre le texte ci-dessous, il est recommandé auparavant de se familiariser avec elles. J'ai rarement cité le texte in extenso ou la référence complète pour ne pas rendre le texte illisible (et par paresse) ; je m'en excuse auprès de ceux qui voudront retrouver les citations exactes.

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Améliorations apportées aux chasses ultérieures

On sait que deux points ont été améliorés après la Chouette : les visuels et les fausses pistes.

Le premier a été bien expliqué par l'auteur (Solutions du TO-introduction). Les visuels de la Chouette d'Or sont trop " interprétables " et " de petits détails graphiques [sont] dus à la patte de l'artiste ". Dans les autres chasses pourvues de visuels encore disponibles (TO, TV, MN, OT), tous les éléments significatifs sont indiscutables. Il n'y a en tout cas pas d'objet caché dans le décor (du type " Jack le lièvre est caché dans ce paysage. Trouve-le ! "). Ce qui est plus difficile à identifier est soit sans intérêt (Ex : poids dans la balance : TV-e13), soit une simple confirmation de la solution (Ex : timbre représentant la reine Victoria, MN-e4).

Avec le second point, nous sommes confrontés à un paradoxe. Les fausses pistes de la Chouette d'abord qualifiées de " trop vicieuses " (post 52561), sont ensuite dites " pas bien méchantes" (post 63130.060501010201010101). Comment s'en sortir ?

Max Valentin nous dit que " dans […] la Toison d'Or et […] TH2001, il y avait des pièges plus vicieux que dans "Sur la trace de la chouette d'or" " (post 65074). Dans la première, il y avait beaucoup de choses difficiles à découvrir, mais la seule véritable " fausse piste construite " dont il est fait état dans les solutions est le déchiffrage "à l'est" que l'on obtenait au lieu de "au sud" si l'on omettait de ranger les argonautes alphabétiquement (TM-e1). Dans la seconde, les fausses pistes les plus élaborées me semblent être le déchiffrage erroné " Sarthe " au lieu de " Ourthe ", en prenant les mauvaises initiales des noms d'animaux (MN-e40), et cette énigme où il fallait partir de l'Elbrouz, mais où tous les éléments collaient bien si on partait erronément du Mont-Blanc (MN-e41). Dans tous ces cas, la fausse piste se restreignait à une énigme.

En outre, " les fausses pistes de la Chouette sont bien moins vicieuses que celles que j'ai intégrées dans d'autres chasses, et particulièrement quand on les considère individuellement. En revanche, elles s'enchaînent les unes aux autres sur plusieurs énigmes " (post 63130.060501010201010101). et " Quant au verbe "saturer" qui semble vous troubler, il signifie simplement que cette chasse contient plusieurs fausses pistes, dont certaines recouvrent plusieurs énigmes. J'espère que ce n'est pas un scoop pour vous ! " (post 63130.0605010102). C'en a été en tout cas un pour moi : c'est la seule fois où il précisera qu'il y a au moins trois fausses pistes ("saturée"), dont au moins deux ("certaines") se poursuivent sur au moins deux énigmes ("plusieurs").

L'impression qui se dégage de cela est que ce qui caractérise les fausses pistes de la Chouette est :
- leur grand nombre.
- que certaines peuvent s'enchaîner sur deux énigmes ou plus, s'associer " les unes aux autres " et que c'est en cela que consiste la difficulté.
- qu'individuellement, elles ne sont pas élaborées et que les cryptogrammes ne possèdent pas de déchiffrage alternatif signifiant (Ex : Carignan/Matignon, Agen) qui enverraient sur une fausse voie.
Je n'espère bien sûr pas que tout le monde soit d'accord avec mon interprétation.

Sur les autres composantes, nous ignorons les améliorations que Max Valentin a apportées à ses chasses suite aux difficultés rencontrées par la Chouette. Aussi, l'argument " La Chouette, banc d'essai de Max Valentin et chasse préparée de longue date, est unique et ne peut être comparées aux autres " ne peut être réfuté dans l'absolu. Cet argument peut être donné dans chacun des articles qui vont suivre, et je n'en rediscuterai plus. La prétention de celui qui s'intéresse aux autres chasses n'est pas de dire ce qui est possible ou impossible dans la Chouette, mais simplement de s'imprégner un peu de l'esprit de son auteur avant de l'aborder.

Bateau (personnages, éléments et méthodes)

Certains éléments sont des habitués des chasses de Max Valentin. Certes, Napoléon (CO,HH, TF, V2, MN, OT) et Louis XIV (FB, HH, PM5, An) ont réalisé quelque chose de notable aux quatre coins de France et sont des personnages de premier plan. Mais la récurrence d'autres éléments trop spécifiques, qui aurait pu facilement être évitée, ne me semble pas pouvoir être attribuée au hasard. Max Valentin semble s'amuser à ce qu'ils se répondent en écho d'une chasse à l'autre : François Ier (TO, PM2, MN) le coq comme symbole de la France (CO et OT), Descartes (FB et HH), le pied du roy (FB et An), le roi René (TF et An) Clermont comme lieu de naissance de Pascal (PM4 et TV), les couleurs complémentaires (CO et MN-e27), etc. Aiderait-il les chercheurs en confirmant des éléments de la Chouette dans ses chasses ultérieures ? Pourquoi, en 2003, parmi l'infinité de possibilités, fait-il une chasse (OT) dont la supersolution est une allusion directe au rapatriement des restes de Napoléon à Cherbourg ?
En ce cas, ne faudrait-il voir d'autres clins d'œil avec des allusions au mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse (PM5-e3), à Niepce dont il est dit qu'il " révèle " (TV-e7), ou au pas grec (TM-ss) ?
Prudence, car il y a aussi des pièges : Ceton fait successivement partie de la bonne piste (TO), puis d'une fausse (TV-e3) !

Les mêmes méthodes de déchiffrement sont aussi utilisées d'une chasse à l'autre. C'est plus attendu, car les possibilités en ce domaine ne sont pas infinies. C'est moins intéressant en ce sens qu'il ne faut pas y chercher des clins d'œil. Mais d'un autre côté, lire les solutions des autres chasses peut donner des idées des méthodes les plus fréquemment employées par l'auteur. Sans prétendre être exhaustif, citons les méthodes cryptographiques classiques (cf. Cryptographie), les rébus et homophonies (TO,PM2,MN), les graphismes sur carte ou papier (cf. Graphismes), les inversions de dessins (TO,TM,TV,OT), les initiales (CO,TO,MN), les intersections de traits (TO,TM,TV), les mots à sens multiples (toutes), les alignements (FB), le code morse (CO,HH,TV), les langues étrangères ou mortes (CO,TO,TF,MN,OT), les anagrammes (TO,PM1,TM,V2,An,MN), les erreurs dans la documentation usuelle (PM2,FB,MN), les mauvais référentiels (TO,BS,TV), l'étymologie (TO,PM5-6,MN), la notation musicale anglo-saxonne (CO,TM), les mélodies et chansons populaires (TM,MN), l'ombre d'un obstacle dessinée par le soleil (PM2,TM), les analyses de fréquence (TF,V1), le théorème de Pythagore (TV,MN).

Quant à la déclaration de Max Valentin selon laquelle il n'a jamais utilisé deux fois la même technique dans ses chasses (je cite de mémoire ; si quelqu'un connaît la référence…), on voit bien que c'est tout à fait faux. A moins qu'il ne s'agisse d'un sophisme signifiant qu'il n'a jamais fait deux énigmes contenant la même succession de modes de cryptage ? En tout cas, ce n'est certainement pas un motif pour penser que toutes ces méthodes ne sont pas employées dans la Chouette.

Cryptographie

Pilier majeur de toute chasse au trésor, tout est possible en ce domaine. La méthode la plus souvent employée est le chiffrement polyalphabétique, notamment le chiffre de Vigenère. Il est présent dans presque toutes les chasses, parfois plusieurs fois, et parfois même deux fois dans une même énigme (MN-e26 et e45). C'est étonnant que ce constat n'ait jamais été fait sur les forums. Rappelons ce dont il s'agit. C'est un message en chiffres (plus rarement en lettres) qu'on doit apparier à un texte qui est la clef de cryptage. On additionne le chiffre au rang de la lettre et on obtient un message signifiant. La nature du texte-clef est très variable : liste de noms propres accolés (FB,TO,PM4,MN-e28 : villes ; TM : argonautes), série de points et traits de morse (HH), citation (TO: " l'essentiel est invisible pour les yeux ",PM1-6), nombre ou série de chiffres obtenus par une énigme précédente (TM), liste d'années (TV), d'étoiles d'une constellation (TV), nom propre (MN-e26) ou nom commun (MN-e31), chant de l'Enéide (MN-e45).

Bien qu'aucun Vigenère n'est communément admis dans la Chouette, l'idée d'une utilisation aussi systématique ne doit pourtant pas être venue à Max Valentin entre la publication de CO et celle de FB. Je miserais gros sur la présence d'un tel chiffrage dans la chasse. Les endroits les plus propices à l'intervention d'un Vigenère me semblent : la liste de villes de la 580, la 600, " 2424 " peut-être, la portion de texte codée de la 420, 71721075, le texte de la 520.

Une méthode proche est un message du type " 4+5, 7, 3-2, 7+4, 1+16, 2-3, 6,1-10 ", où l'on prend la quatrième lettre du texte-clef, et qu'on y ajoute 5, et ainsi de suite (TV-e12,MN).

Parmi les autres, citons la substitution simple d'une lettre par un chiffre (CO,TV,An), éventuellement avec un alphabet décalé (CO-600), le code morse toujours avec une astuce (HH,TV), une correspondance chiffre+initiale/cases d'échiquier (TO), la stéganographie de type grille de Cardan (TO), l'homophonie ville/lettres et chiffres (TO-fausse piste), la sommation des chiffres composant des dates (PM5), le Pig Pen (TO).

Il en existe d'autres plus complexes mais celles-ci interviennent à partir de TM, première chasse réalisée en collaboration avec Phil d'Euck. Ce dernier semble être l'auteur de ces cryptogrammes tardifs, et il est moins intéressant de les examiner. Les solutions de TM en donnent cependant un bon aperçu.

Les anagrammes soit sont courtes (moins de quinze lettres : TO-fausse piste,TM-e9,e14 et is4) soit clairement indiquées (PM1,An), soit encore l'ordre des lettres est donné par une suite de chiffres (V2).

Domaines de prédilection

Ce sont :
- l'histoire (cf. Histoire).
- les sites touristiques, surtout chargés d'histoire.
- la musique.
- la peinture.
- la littérature (TM-e8 : le poète Stanislas de Guaïta est qualifié de " célèbre ").
- les arts en général : tapisserie (An,MN-e35), sculpture (FB-e1,An),…
- les langues étrangères ou mortes.

Sont régulièrement employées, mais pas de manière aussi pointue :
- les mathématiques. Ex : spirale à quatre centres (CO), coordonnées cartésiennes (HH), cycloïde (TV), …
- la géographie : dans les chasses dont le terrain est au moins la France, les cités visitées sont souvent bien connues, ou du moins présentes sur une carte 989, sauf lorsqu'on se rapproche de la cache : il faut alors souvent se documenter sur la région. Ceci ne vaut pas pour les chasses plus locales (PM,TM,An).
- la chimie : symboles chimiques (CO,MN-e23), quelques formules (MN-e13 et e31).

Sont rares :
- le cinéma (FB-e1).
- l'héraldique (TO-fausse piste).
- la mythologie. De manière surprenante, elle apparaît rarement. Les occurrences dans CO (Apollon, Neptune) sont triviales. Je conviens que TM est pointue sur le sujet, mais la Toison d'Or est un thème de chasse imposé par les circonstances. Il n'est pas fait appel à la culture générale du chercheur. Il devait juste trouver une bonne référence sur le sujet (comme Angers était le thème de la chasse éponyme).
En dehors de cela, la mythologie classique est absente des autres chasses (il y a une allusion à Bridget : PM2-e2). Pourtant, il est extrêmement probable que Max Valentin connaît le domaine.

Sont absents :
- les légendes surnaturelles (sauf l'is sur Merlin, rendue nécessaire par les trous creusés par les chercheurs).
- les textes philosophiques et religieux (des églises peuvent être présentes).
- les constructions contemporaines. Les références à la gare et l'aéroport d'Angers (An) étaient presque obligatoires vu le but promotionnel de la chasse ; ce pourrait même être une idée de Meteor et non de Max Valentin.

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Euck (Phil d')

Monglane ( http://monglane.a2co.org/archives_orval.htm ) estime la connaissance de TO importante parce que c'est la seule grande chasse faite sans Phil d'Euck. N'oublions cependant pas les quatre chasses MSN et les six chasses PM. L'ensemble suffit à nous faire percevoir les domaines de prédilection, les astuces (erreurs dans la documentation de référence, …), la structure des énigmes et le vocabulaire de l'auteur de la Chouette. On a même un aperçu de ses méthodes cryptographiques, et il y a fort à parier que les méthodes plus complexes (cf. typiquement : TM) sont le fait de Phil d'Euck. En outre, les chasses "tardives" sont de Phil d'Euck et Max Valentin. On peut raisonnablement estimer qu'au moins la moitié de TM est de ce dernier. Sans compter son droit de regard : la partie de Phil d'Euck a dû paraître au moins " acceptable " à ses yeux. Néanmoins, vu la structure atypique d'Orval, nous n'avons pas de grande chasse à laquelle comparer directement la Chouette. On ne peut déterminer avec certitude si certains points importants des chasses ultérieures sont bien de Max Valentin : organisation d'ensemble, structure de la supersolution, " reliquats ",…

Enfin, signalons que les fausses pistes élaborées basées sur un déchiffrage signifiant alternatif d'un cryptogramme sont postérieures à l'entrée en scène de Phil d'Euck: au sud/à l'est (TM), note Caen/né à Ceton (TV), Sarthe/Ourthe (MN-e40), ce qui laisserait une fois de plus penser qu'il n'y en a pas dans CO.

Fausses pistes

Plusieurs méthodes sont employées pour envoyer le chercheur sur une fausse piste :

- des erreurs dans la documentation de référence (FB-e1,MN-e41,…). Une astuce similaire est très vraisemblable dans CO.

- des dénominations erronées (PM3-e2 : les images d'Epinal ne sont pas originaire d'Epinal, MN-e33 : vrai nom d'une tour, etc.)

- un mauvais référentiel (BS : le périple commence à Paris et non à Lille)

- l'utilisation des contextes historique ou culturel dans lequel l'aventure est censée se dérouler : l'année commence au printemps sous François Ier (TO), le front de la guerre 14-18 (BS), la langue anglaise (TF) et bien d'autres.
Ainsi, dans CO, faudrait-il utiliser en 420 la valeur de la vitesse de la lumière à l'époque de Napoléon ? (Inutile de chercher : elle était déjà estimée à 301.000 km/sec, ce qui ne change rien)
NB : il est amusant de voir qu'il faudra bientôt appliquer ce mode de réflexion à la rédaction de la Chouette elle-même (Cherbourg devenu Cherbourg-Octeville, Pluton enlevée de la liste des planètes).

- la nuance dans les termes employés (par exemple, dans OT : on n'utilise le mot " cendres " que si le défunt a été incinéré)

- des cryptogrammes donnant un résultat ayant un sens en étant mal déchiffrés (mais prudence : cf. plus haut Améliorations et Euck).

- des indices s'appliquant aussi bien à la vraie qu'à la fausse piste (par exemple PM5-e2 : " Les natifs de cette ville seraient des menteurs "). C'est probablement le cas de " Navire noir perché " pour le Rocher de Dabo.

- des étapes sautées (TM-e1), ou une étape de déchiffrement qu'on oublie.

- des éléments superflus n'intervenant en rien pas dans la vraie piste (cf Validation). Mais attention, cette méthode n'est volontaire que dans TO (Solutions du TO-introduction). Il y a dans les visuels de CO des éléments interprétables, mais laissés à la liberté de Michel Becker, et l'auteur l'a regretté.

J'en oublie certainement.

Graphisme

Dans presque toutes les chasses, et notamment dans les trois plus grandes, le chercheur sera amené à réaliser un dessin, soit sur la carte, soit sur papier. Ce seront : une étoile (FB), " Le Muy " (HH), un échiquier (TO), une grille de mots croisés (TO), des chiffres (TM-e7), la tête de Chrysomallus (TM-e18), "1929" (MN-e18), un labyrinthe (MN-e42).
Une telle méthode dans CO ne serait pas étonnante.

Histoire

L'histoire est omniprésente dans les chasses. Max Valentin a visiblement une connaissance encyclopédique de l'histoire de France, et une très bonne culture historique européenne et mondiale en général. Les événements historiques évoqués s'étendent de l'antiquité grecque (MN) à 1945 (HH).
Il a un goût tout particulier pour l'anecdotique et les personnages aux aventures pittoresques. Mais même des épisodes sans intérêt apparent lui semblent familiers. Le meilleur exemple est sans doute de périple de François Ier (TO). Bien qu'il n'ait pas précisé se limiter aux documents d'usage courants dans ses chasses postérieures à CO, méfions-nous. Ces documents que l'on trouve selon lui " certainement chez soi " (complété prudemment plus tard par " ou à la bibliothèque municipale ") sont peut-être plus difficiles à se procurer. Sa " bibliothèque municipale " de prédilection est la Bibliothèque Nationale (TO,TM-e5).

Rappelons encore son goût pour les erreurs historiques découvertes dans les livres.

Enfin, lorsque les sciences et les arts sont abordés, c'est encore souvent sous l'angle historique : Newton (CO), Charcot (TV), Zeuxis (MN), Pythagore (MN), etc.

Indications supplémentaires

Toutes n'ont pas été conservées sur le web, et beaucoup n'ont pas fait l'objet d'une explication détaillée. Il semble ressortir que :

- il n'y a évidemment pas de fausse piste volontaire dans les is. Lorsque l'interprétation est évidente, il ne faut pas chercher plus loin (Ex : PM,An-is17 : " Pour partir du bon pied, choisissez le pied du roi ").

- certaines confirment des solutions pourtant faciles à trouver

- certaines sont quasi indispensables (HH-ss, probablement plusieurs de TM)

- l' is négative de TO n'a pas une seconde interprétation cachée, mais An-is1(" le jeu est sans danger. Il est donc parfaitement inutile de chercher le trésor le long d'une voie ferrée, sur une piste d'atterrissage ou au fond d'une rivière ") évoque aussi deux sites-étapes : l'aéroport et la gare.

- certaines me semblent plus difficiles que l'énigme qu'elles complètent. Par exemple TM-is4 :
" Make clue ! Author. Solution : On se doute qu'on a affaire à une anagramme (mot féminin). Intuitivement, on remarque des lettres rares comme K. Cette lettre est utilisée dans le mot MALBROUCK. On peut presque composer le mot MALBROUCK, mais il manque un B. Avec les lettres restantes, on peut presque composer "CHATEAU DE" si l'on rajoute un D, un A et un C. Globalement, on obtient CHATEAU DE MALBROUCK, en ajoutant ABCD. Ou, si l'on tient compte de l'ordre des mots, en ajoutant DABC. Cet indice serait utile pour nous aiguiller vers les mots à trouver dans l'énigme 3, et la piste des notes de musique de l'énigme 4 (notation anglo-saxonne). " (sic)

- le lien entre l'is et l'élément indicé peut manquer de spécificité

- il peut y avoir beaucoup d'is pour peu d'énigmes (HH,PM,V1 et 2)

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Justesse

Pour les tracés des différentes chasses, je n'ai malheureusement pas eu le loisir d'étudier s'ils étaient précis. Ce serait pourtant un point important à évaluer (FB,PM,TM).
TO était conçu pour absorber les imprécisions éventuelles.
De même, dans BS : " Le total se situait entre 2882 km et 2915 km selon que les joueurs prenaient leurs mesures en tenant compte des périphéries urbaines ou, au contraire, des centres-villes. Il était donc logique de leur octroyer cette marge ".
Le problème ne se pose pas non plus dans les chasses en ligne.

Concernant les dessins devant être effectués par le chercheur, les lettres JI de la grille de mots croisés (TO) ne sont pas des plus esthétiques. Il en serait de même pour la tête de Chrysomallus (source : jpl). Le Muy (HH) et les chiffres de TM-e7 sont par contre sans ambiguïté.

Les anagrammes sont complètes et les cryptogrammes sont justes.

Enfin, que penser des " nombres ronds " ?
Le calcul des distances en mesures donne des nombres arrondis entiers de kilomètres dans FB (325 Km), TO (312,999 Km, 77,004 Km, etc), V1 (204 Km, 849 Km, 1140 Km), TV-e14.
Ce n'est pas le cas dans TM avec le stade, mais cette valeur (98,73 Km) est imposée par la largeur moyenne des cartes IGN. Par contre, pas de problème lorsque ensuite on utilise l'unité de mesure de 23 mm (valeurs calculées : 89,93 ; 261,97 ; 1061,99999999999998 , etc). Dans MN, les distances calculées auraient pu être plus rondes, mais la mesure utilisée (seconde-lumière) ne s'y prêtait guère.
Bien entendu, la longueur de l'hypoténuse de triangle dont les autres côtés sont des nombres entiers de Km, ne peut que rarement l'être aussi (TO,TV-e6)
S'il y a une marge d'erreur possible, c'est que cela est sans importance (BS).
Bref, si CO est similaire aux autres chasses, la mesure de 33 cm est confirmée par la justesse des valeurs obtenue. Mais on ne peut exclure que Max Valentin ait fait de ces distances rondes une fausse piste ardue, qu'il n'ait plus voulu reproduire dans les chasses suivantes.

Kafkaïen

Pratiquement aucune chasse n'est à proprement parler linéaire, et ce, dès FB. Mettons OT de côté, qui est une collection d'énigmes sans lien, dont il faut ensuite remettre en ordre les solutions. Ainsi que TO, que sa structure éclatée a fait comparer à un puzzle. Mais même celles qui ont l'air de s'enchaîner le plus logiquement nécessitent de pratiquer des allers-retours au sein des étapes résolues (ou de la fiction introductrice) afin d'y pêcher des éléments nécessaires à la progression.
Ceux-ci sont de tous ordres. En premier lieu bien entendu la mesure. Mais ce pourra aussi être un code de cryptographie (FB-e4 et ss, PM2 et4), une série de chiffres (HH,TM-e15), un personnage sur lequel se documenter (HH,TV-e4,MN-e30), une date à traiter pour un calcul (PM1,4,5,6), une ville (TV-e6), une ligne de charade ( !) (An), la liste des argonautes et ses sous-ensembles (TM), une œuvre (An).
Ces allers-retours peuvent être clairement signalés (" utilisez tel élément de l'énigme X " : PM,TV). Notre attention peut avoir été éveillée s'il s'agit d'un élément majeur resté inutilisé (MN). L'allusion peut être vague : " ce que tu avais en réserve " (TM), " retournez sur vos pas " (An), voir franchement brumeuse (An-ligne de charade).

Licence poétique

De façon générale, les chasses sont intellectuellement satisfaisantes. Cependant, si la beauté de l'énigme est en jeu, Max Valentin peut sacrifier l'exactitude afin de ne pas l' " alourdir ". Les deux exemples connus sont :
- Dans TO, " Sur une chaise, coincé sous un sablier et un triangle musical, un fragment de partition. Ce message signifiait "la clé (di)èse si fa si la mi ré si 'mesure 2 tps) ré sol ut".
Une fois déchiffrée, ces notes signifiaient LA CLE EST SI FACILE A MIRER SI MESURE DE TEMPS RESOLUE. A noter : le signe dièse, marquant le demi ton, était lui-même à couper en deux (di-èse); la 2ème syllabe "èse" " (TO - Solutions officielles). Une explication abracadabrante à la transformation de " dièse " en " est " est préférée à la solution de devoir écrire un " è " au milieu d'un rébus constitué entièrement d'une partition, éventualité bien moins élégante.
- Dans MN (e4), il fallait un lien entre l'île Maurice, le Lac Victoria et la découverte de celui-ci par Speke. Le timbre Blue Mauritius (à l'effigie de la reine Victoria) fut choisi, même s'il n'existait pas encore à la date où fut rédigée la lettre dans l'enveloppe.

De manière générale, rappelons, si c'était nécessaire, qu'une chasse n'est pas un mode d'emploi de meuble Ikéa. Il ne faut pas en rester à la lettre du texte mais toujours chercher la métaphore ou l'ellipse: la SDN n'est pas le dernier enfant de Wilson (HH), " il a été trahi par sa naissance " (P. Feval, PM2-e3) veut simplement dire que l'on s'est trompé sur sa date de naissance à l'entrée de sa maison, etc.

Quelques emplois imagés à noter, glanés au cours de mes lectures : la lumière désigne le Roi-Soleil (FB), " in medio stat virtus " (TO) incite à chercher le centre d'un triangle, " le sage se méfie du sens des mots " (TO) indique un piège mais " Sage est la vie verte " cache une anagramme (An-e2), " révéler " est une allusion successivement aux frères Lumière et à Niepce (TV), " Manderen te sera utile " (TM-e6) doit faire utiliser les lettres de " Manderen ", " flèche " (TM-e21) à la fois désigne de droite et incite à chercher une flèche dans la chanson de Malbrouck, " le reste " est celui d'une division (TM-e22), une équerre fait tracer une perpendiculaire (TO).

Miroir

Les inversions sont aussi un thème récurrent. Inversion du jour et du mois de naissance de l'Américain Joe Galliano (TF), de l'échiquier - mis face à un miroir - à tracer sur la carte de France (TO), de la distance finale du repère pérenne, qui est donnée en valeur négative (PM), de la feuille de papier sur laquelle on a écrit la liste des argonautes, car l'Argo a fait demi-tour (TM).

Nombres

La signification et l'utilisation des nombres rencontrés dans les énigmes de Max Valentin sont très diverses. En vrac : chiffrement polyalphabétique de type Vigenère ou autre (presque toutes), coordonnées cartésiennes (HH), nombres à sommer (HH, TM), à convertir en morse (HH), segmentation d'un texte (HH), dates complète ou année (HH, TF, TO, MN) ou différentiel de dates (MN), lignes d'échiquier (TO), classer en rang les étapes d'un parcours (TO) ou des séries de chiffres (V2), distance en km ou en unités de mesure (presque toutes), en prendre les initiales (TM) ou les écrire en toutes lettres (MN), à retourner pour en faire des lettres (TM), valeur de la mesure (TM), diviseur d'un autre nombre (TM), coordonnées géographiques (An,MN), éventuellement en secondes d'arc (MN), confirmation d'éléments découverts dans la quête (V1, An), à segmenter (MN), à disposer dans une grille (MN), …

Il n'est pas rare qu'un nombre obtenu par une méthode de décryptage doive ensuite lui-même être déchiffré par une autre méthode (surchiffrement). De même des kilogrammes peuvent se multiplier par des mètres (TO), ou des poids représenter des distances (TV-e13) ! Ce point permet de voir comme moins improbables des idées telles que la conversion par Velo de 33 cm en " pointure 33 ".

Organisation d'ensemble

Elle reste largement méconnue pour la Chouette (si ce n'est qu'on sait que l'on dira " Joli ! " à la découverte des solutions). Pour celle des autres chasses, aucune ne se ressemble.
Elle peut être linéaire pure (An,PM), ou agrémentée de l'un ou l'autre aller-retour (MN)
Le plus souvent, il y a une grande partie linéaire et une petite partie où il faut effectuer un dessin sur la carte (FB,TV,TM).
Dans OT, les énigmes sont indépendantes et ce n'est que lors de la supersolution qu'on assemble les différentes réponses. BS est finalement très proche de cette structure, le parcours étant en grande partie virtuel.
L'organisation de TO est la plus complexe : un échiquier à dessiner et où représenter un parcours (François Ier), puis une partie graphique (triangle à tracer), puis à nouveau une partie linéaire, puis quatre triangles isocèles à dessiner pour donner la zone.
Deux ne se jouent pas sur carte (HH,TF).

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Passage (Clefs de)

Si Max Valentin n'a pas utilisé le terme " clef de passage " pour ses autres chasses, l'idée que ce terme recouvre est omniprésente. Les énigmes s'enchaînent logiquement et on ne peut comprendre pleinement l'une que si l'on à résolu les précédentes, sauf pour BS et OT. De manière générale, il est vain de vouloir passer des étapes.
Même dans MN, chasse en ligne où il était nécessaire de fournir une bonne solution pour accéder à l'étape suivante, il a fait en sorte qu'il y ait un lien entre la plupart.

Ces " clefs " seront : un personnage (TV,An,MN), un lien entre un personnage/une oeuvre et un site (FB,V1,TV,An,MN) une ville obtenue par tracé ou autre méthode (presque toutes), un département ou une région où centrer ses recherches (PM,MN), une clef de chiffrement au sens large (PM,TM,TV), un édifice (PM1,TM-e3/4,TV,An,MN), un dessin obtenu sur carte (FB,TO,TM) ou papier (HH), un texte célèbre (TM), une colline (TM,MN), la valeur trouvée dans une énigme puis l'unité dans la suivante (" 23 " et " millimètres " : TM-e15/16), un lien entre un personnage et un thème (TV-e2/3,MN-e42/43 : Théorème de Pythagore ) (NB : cette dernière méthode pourrait être apparentée à l'utilisation du théorème de Napoléon en 420), une constellation et ce qu'elle représente (TV-e8/9), …

Dans quelques cas (TM-e2/3 et e9/10, quelques énigmes d'An), il n'y a pas de clef de passage.

Une clef de passage peut être utilisée à n'importe quel moment de l'énigme suivante et non toujours au début.

Bien entendu, pour décrypter une énigme, il faut parfois se baser sur un élément de l'énigme antérieure - la " clef de passage ", plus un élément d'une énigme antérieure (FB-e4et e5, TM-e20 et bien d'autres), déjà utilisé ou non (" aller-retour ").

Les clefs de passage sont presque toutes indispensables. C'est particulièrement vrai pour les clefs alphanumériques. Je n'en ai trouvé aucune de la simplicité de "A=0".

Le point principal que je voulais mentionner : dans quelques cas, il peut y avoir plusieurs éléments établissant un lien entre deux énigmes :
FB-e3/4 : " orléans " et " 3° Château "
MN-e3/4 : lien géographique mais aussi " étymologique " entre Queen Victoria et Lac Victoria.
MN-e18/19 : " prix Nobel " et " Suisse "

Ce point avait fait l'objet d'une discussion entre RavaillaC et moi (post 83268.0201010102010103 et réponses). Sur la base que " il ne peut y avoir qu'une clef de passage entre deux énigmes ", j'affirmais que le seul lien entre la 580 et la 600 était le code A=0 et que l'on pouvait passer à la 600 sans crainte. Lui pensait que ce n'est pas parce qu'on retrouve un élément d'une énigme à la suivante que c'est la " Clef de passage " : il peut y avoir un autre lien. Malgré ma prudence, je m'étais encore laissé prendre à l'erreur de penser que Max Valentin avait conçu ses énigmes en insérant des " Clefs de passage " bien définies. Vu en outre la trivialité très inhabituelle pour la fonction de clef du code A=0, je me range à son avis que tout élément que l'on rencontre dans une énigme puis dans la suivante n'est pas " Clef de passage " et ne signifie pas que l'énigme est achevée.

Personnellement, mes derniers scrupules contre une "Chose importante de la 580" (l'expression est de Tromelin) à garder à l'esprit en passant à la 600, outre " A=0 ", sont désormais tombés.

Quantité d'étapes

Le nombre d'étape de déchiffrage au sein d'une énigme est très variable. Cela peut aller de l'élémentaire TM-e3 (Château de Malbrouck à découvrir par simple description) aux très complexe MN-e6 (combattant de fort Alamo dont il fallait trouver le prénom de la mère ; deux Vigenère successifs à partir d'une série de chiffres pour obtenir une phrase-définition à interpréter), qui montre qu'il peut y avoir deux codes alphanumériques pour une même énigme, et TM-e27 (calcul d'une heure, de là la hauteur du soleil, puis l'ombre projetée par le Grossmann, tracer une droite à partir du bélier dessiné précédemment, prolonger jusqu'à la limite départementale puis faire demi-tour jusqu'à un autre point trouvé précédemment, utiliser la mesure de façon un peu voilée, sommer la distance parcourue, puis utiliser cette somme pour calculer la distance jusqu'à l'étape suivante). Ceci montre qu'il n'y a pratiquement pas de limite au nombre d'étapes à effectuer au sein d'une énigme.
Il n'y a pas de corrélation entre la difficulté d'une énigme et sa place dans la chasse. Les plus difficiles sont souvent au milieu, et TM commence même avec une énigme au décryptage particulièrement vicieux. Seule TV est de complexité croissante.
Les chasses précédant l'arrivée de Phil d'Euck contiennent des énigmes en moyennes moins complexes (2 ou 3 étapes en général). Mais le cryptogramme final de HH comporte malgré tout cinq étapes de chiffrement (pour rappel, en 580, on obtient en 4 étapes le code A=0).

Références

Max Valentin est friand d'erreurs dans les sources d'information et d'anachronismes. On citera : le lieu de naissance de Descartes (FB), l'année qui commence au printemps au XVIe siècle (TO), l'année de naissance de P Féval (PM2), le nom d'une tour dans les guides touristiques (MN-e33), …
Il est très probable qu'une pareille astuce se loge dans CO.

Le problème est de savoir quelle référence prendre. La réponse n'est pas claire. Il peut prendre l'information recueillie sur place (MN-e33 : TORRE DES CARREGADOR), mais ceci n'est plus valable pour l'année de naissance de Paul Féval (PM2), où il se réfère à une source livresque (non citée). Il peut choisir la référence faisant autorité (MN-e4 : Encyclopaedia Brittanica). En cas de doute il peut explicitement préférer les ouvrages de référence à la probabilité historique (mariage de Louis XIV : PM5-e3), ou au contraire préférer la référence historique (longueur du stade d'Olympie : TM-e11). Dans une même chasse, il peut tantôt préférer éviter l'anachronisme (orthographe ancienne de Leyden : MN-e20), tantôt préférer la facilité d'accès de l'ouvrage (édition courante de l'Enéide plutôt que celle de 1502 dont il est question dans MN-e45).
J'ai même trouvé une erreur - à ma connaissance jamais relevée - du type même de celles qu'il prétend éviter. MN est une chasse qui se veut polyglotte. MN-e31 se déroule en Bolivie. Il y est question de 26 pierres qu'il faut faire correspondre aux 26 lettres de l'alphabet. Or cela n'a pas de sens pour un hispanophone dont l'alphabet comprend 27 lettres, selon l'Académie Royale (29 avant 1994).
Voyez : Alphabet espagnol et Orthographe

Nul doute qu'il eût trouvé une justification a posteriori, mais la vraie raison c'est qu'il n'y avait pas pensé et que le chercheur espagnol de MN eût dû se rappeler que l'auteur de la chasse était Français.

Bref, je crois qu'on peut conclure que la bonne référence, c'est celle que Max Valentin a décidé de choisir, et qu'il faut s'attendre à rencontrer diverses éventualités.

Supersolution

La découverte des reliquats est sans doute plus difficile qu'il ne l'imaginait. En effet, depuis CO, Max Valentin n'a plus réitéré cette pratique de cacher des "reliquats" dans les énigmes sans indiquer leur nature et la manière de les utiliser. C'est dommage car nous aurions pu nous faire une petite idée de ce qu'ils peuvent être dans CO. Certaines chasses ont cependant une épreuve analogue à la supersolution, reprenant des éléments épars des énigmes précédentes pour trouver un dernier décryptage.

Dans FB, il faut prendre les noms des villes non utilisées pendant le reste de la chasse et les aligner.
Dans BS, il faut mesurer la distance totale parcourue depuis le début du périple.
Dans HH, on somme les années trouvées, et on transcrit le nombre en morse.
Dans TO, en joignant des villes trouvées dans la chasse selon un schéma donné, on délimite la zone.
Dans TV, on utilise des lettres des principaux personnages et lieux rencontrés pour former une phrase.
Dans TM, il faut utiliser les noms des argonautes qui n'ont pas encore servi comme texte à décrypter (méthode à rapprocher de FB).
Dans An, il faut faire correspondre des dates rencontrées et les lettres d'une liste de noms, pour obtenir une phrase.
Dans OT, ce sont les solutions elles-mêmes qui forment une phrase.

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Thème

Max Valentin affirme qu'il n'y a pas de " fil rouge " dans CO. De même, si d'autres chasses ont un thème central, celui-ci lui est imposé par les circonstances liées au commanditaire : Malbrouck et la Toison d'or dans TM, les sciences dans TV, la ville d'Angers dans An. Dans celles où il a plus de latitude (FB,BS,TO,PM,MN,OT), les thèmes abordés et les méthodes sont très différents d'une énigme à l'autre.
Seule exception : HH centrée sur le thème de l'histoire.
Ceci va à mon avis à l'encontre d'une chasse centrée sur la mythologie ou le mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse par exemple.

Unité de mesure

Elle doit être découverte dans FB (pied du roy), TO (toise, lieue), PM3 et 5 (mètre), TM (23 millimètres, stade), TV (gloupiot = 2km), V1 (kilomètre), MN (seconde-lumière, seconde d'arc). La " valeur " de la mesure n'est pas toujours directement donnée dans la chasse mais peut devoir être tirée de références livresques sur base d'un indice (pied du roy, toise, stade).

On voit qu'il peut y avoir plusieurs mesures dans une chasse. Les changements sont cependant signalés. Il n'y a jamais de piège concernant les différentes valeurs d'une même mesure.

Pour la détermination finale de la cache, si une mesure est employée, c'est le mètre (HH,PM,An), le pas du chercheur (BS,TF), ou le pas grec (TM). En aucun cas la mesure du reste du jeu n'est intervenue dans cette détermination finale.

Validation des solutions

De manière générale, le chercheur a peu d'éléments pour savoir qu'il est sur la bonne voie.

Passons les chasses en ligne (FB,HH,TF,MN) qui nécessitaient d'encoder la bonne solution pour passer à l'énigme suivant ; le chercheur ne pouvait pas s'embourber dans une fausse piste construite par lui-même.

Les chasses PM contiennent des termes très peu spécifiques qui auraient pu égarer le chercheur. Il est cependant remis sur la bonne voie par les IS, dont il sait chaque fois à quelle énigme elles s'appliquent (c'était aussi le cas de HH,TV).

Par contre, les IS sont données en vrac dans TM. Les possibilités de fausses pistes me semblent grandes dans cette chasse. La principale validation vient du grand nombre d'énigmes "digitales " : lorsque le cryptogramme lui donnait quelque chose de signifiant, le chercheur savait par là qu'il était sur la bonne voie. Bien entendu, ces messages trouvés étaient de longueur notable : " numérote-les ", " départ cathédrale metz ", etc. Ce ne sont pas des messages de deux ou trois lettres (Râ, Noé, …). Dans cette chasse, on trouve trois grandes difficultés :

- Il faut parfois plusieurs décryptages successifs pour obtenir le message porteur sens.
- Il peut y avoir une fausse piste voulue (au sud/à l'est).
- Un résultat non signifiant immédiatement peu devoir être mis en réserve pour être utilisé ultérieurement (TM-e9).
S'il y a des difficultés de ce type dans CO, il me semble qu'elles seront particulièrement difficiles à détecter.

On trouve à nouveau peu d'éléments de validation dans TV. Quelques énigmes digitales, des IS attribuées nommément aux énigmes, mais il me semble que l'on peut se créer des "fausses pistes non voulues" sur plusieurs énigmes.

Angers est probablement la chasse la plus facile. Les termes employés sont spécifiques et ne peuvent s'appliquer facilement qu'aux étapes de la vraie piste. Si l'on fait fausse route, on le comprend dès le passage à l'énigme suivante.

Aucune validation de solution dans OT : si l'on a fait une erreur, on ne le comprend que lors du travail sur le cryptogramme final.

Difficile d'évaluer la difficulté de TO sans l'avoir faite. Si l'on rencontre certaines validations permettant de savoir que l'on est sur la bonne piste (pièces de l'échiquier confirmant le trajet de François Ier), d'autres éléments pouvaient donner lieu à de multiples interprétations à explorer (Triboulet, Gardien de pierre, fourche, …). L'exemple de la fausse piste construite de toutes pièces par Meteor (Solutions du TO) le prouve largement. Une difficulté supplémentaire réside dans la présence d'objets superflus jouant le rôle de distracteurs (poupées, …). Mais surtout, il y a dans cette chasse des éléments qui valident des fausses pistes sans jouer de rôle dans la vraie : bouteille d'Armagnac (validant la fausse piste 1415), un cœur (devant confirmer la fausse piste Nancy), …

Pour CO, Velo - entre autres - avait proposé une piste avec une mesure différente de 33 cm. Je lui avais objecté la présence de la règle aux 18.5 graduations, qui en ce cas confirmerait une fausse piste sans avoir de place dans la vraie. Ceci me semblait le principal argument contre cette idée. Il avait estimé que c'était possible (cf http://les-sans-hulotte.net/forum/viewtopic.php?t=854&postdays=0&postorder=asc&start=0 ).
Il semble, vu TO, que ce soit effectivement le cas, la règle aux 18.5 graduations pouvant parfaitement être mise en parallèle avec la bouteille d'Armagnac. Mon argumentaire est désormais caduc. C'est très ennuyeux. S'il peut y avoir des validations de fausses pistes dans CO, on peut alors douter qu'il faille utiliser les notes de musique dans la 580, le morse dans la 500, les révolutions de planète dans la 420, etc.
Heureusement, parmi les autres chasses, cette pratique reste limitée à TO, et Max valentin semble le confirmer : " Le Trésor d'Orval, de par sa construction particulière, tirait par conséquent sa spécificité - sinon son originalité - de la profusion des éléments parasites qui l'émaillaient, et dont le but était de masquer les indices pertinents menant à la résolution de l'énigme finale. En faisant barrage aux tentatives d'analyse rationnelle des indices valides qui auraient permis d'en venir à bout trop rapidement, ces fausses pistes jouaient un simple rôle de retardement "(TO-Solutions officielles). Evidemment, il n'aurait pas donné de renseignement sur les fausses pistes de CO dans les solutions de TO, mais il me semble bien que - si ce n'est plus impossible - la présence d'éléments avec pour seule fonction de confirmer une fausse piste dans CO reste peu probable.

La Chouette cumule ainsi les difficultés des autres chasses qui empêchent le chercheur de valider ses solutions : la possibilité de passer à une énigme sans avoir la bonne réponse de la précédente, des IS dont on ignore à quelle énigme elles se rapportent, des termes employés peu spécifiques, pouvant s'appliquer à de multiples entités rencontrées, la prépondérance d'énigmes " analogiques " sur les énigmes " numériques ", des fausses pistes construites confirmées par d'autres énigmes. Rien d'étonnant à ce que les efforts des chercheurs se dispersent en une kyrielle de directions.

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W,S,E,N

Dans trois des chasses avec visuels, leur orientation géographique est à un moment donné trompeuse. Parfois, un élément l'indique. Dans TO, il est nécessaire de faire subir une inversion Est/Ouest à l'échiquier. L'indice en est le miroir le reflétant. Celui de TV-e12 est retourné de 180° (il y est aussi question de miroir), et celui de OT-e7 de 90°, sans indice y faisant allusion. Seule MN échappe à ce genre d'astuce à ma connaissance.

X : localisation de la cache

Dans FB, un cryptogramme donne " CHERCHE D'OU VENAIT L'EAU. VA AU BOUT, TOURNE A GAUCHE, TOURNE A DROITE, CHERCHE LE TROU. RETOURNE-TOI ET REGARDE-LE. SES RACINES SONT DORÉES. ", en partant du site trouvé dans la dernière énigme, un aqueduc.
Dans BS, elle est donnée en clair : " (...) de cette croix, il faut marcher cinq grands pas vers l'arbre qui se trouve sur son côté droit quand on a le dos au chemin. J'ai mis le petit sac avec les pièces d'or derrière dans un trou entre ses racines, et j'ai bien bouché avec de la terre. " ; le repère (Croix) devant être cherché dans la forêt de Beaulieu, résultat de la dernière étape.
Dans HH, " TERRES GASTES RESERVOIR 3M EST " est le fruit d'un cryptogramme. Ces Terres Gastes étant situées sur le territoire de la commune trouvée dans la dernière énigme : Le Muy.
Dans TO, encore une fois un cryptogramme donne " prend le chemin de l'eau. Cherche les grilles. Descends et creuse sous la seconde niche à droite ", à utiliser à partir d'un lieu-dit " Roches de l'Ermite " trouvé dans la dernière étape.
Dans les chasses PM ; les avant-dernières et dernières énigmes donnaient successivement la commune ou la forêt, le repère pérenne à y trouver, et la distance et la direction de ce repère pérenne.
Dans TM, POEME HUGO, A UN PAS HELLENE, A L'EST NORD-EST est donné par le cryptogramme final (e24). Le lieu (une forêt) où chercher ce poème est indiqué par une allusion : " Pour voir la vie en rose, mets-toi au vert " (e24), alors que la commune - Remilly - est trouvée dans l'énigme précédente (e23).
Dans TV, la dernière énigme donnait simplement la commune ; il y avait ensuite un second jeu sur place.
Enfin, le cryptogramme final d'An donnait 2 M S DE ND DU LAC. Alors que la dernière énigme se terminait à la statue du roi René, en ville.

Les chasses se terminent donc presque toujours par une focalisation progressive. Ce n'est au départ pas évident. Avec une solution telle que " 3 m Nord pilier ouest Tour Eiffel ", il n'est pas besoin de préciser la commune et la rue. An sort de se schéma avec une supersolution donnant une distance par rapport à un site célèbre (à l'échelle locale). En dehors de cette exception probablement due à Meteor, les chasses se terminent grosso modo par :
1. Détermination de la commune la plus proche.
2. Détermination d'un lieu-dit, un site remarquable ou une forêt sur le territoire de cette commune.
3. Détermination du repère pérenne en partant de cet " endroit remarquable ". On doit parfois se débrouiller avec un simple nom commun (croix)
4. Détermination d'une distance et d'une direction par rapport à ce repère. Les distances sont toujours assez courtes pour ne pas nécessiter d'emporter un quelconque outil de mesure avec soi. Ceci est valable même pour des trésors de plus petite taille qu'une chouette de 80 cm.
Max Valentin peut résumer tout cela de manière très laconique : avec " Le Muy " et " Terres Gastes Réservoir 3m Est ", nous avons tout ce qu'il faut pour trouver la cache. L'explication est parfois plus longue, mais nécessite alors l'aide d'un long cryptogramme, ce qui ne semble pas être le cas dans CO.
Pour toutes ces dernières étapes, Max Valentin a généralement besoin de deux énigmes (la deuxième pouvant être la ss).

Si la Chouette ressemblait au modèle moyen des autres chasses, le nom de la commune la plus proche de la cache et peut-être l' " endroit remarquable " serai(en)t dans la 520, alors que la 12° énigme nous mènerait au repère pérenne et à la cache située à quelques mètres dans une direction cardinale. Mais bien entendu, c'est dans ces dernières étapes que CO, longuement mûrie, est la plus sujette à différer des autres chasses.

Y a-t-il un mode d'emploi aux énigmes ?

Un argument est souvent opposé aux chercheurs qui proposent des solutions sortant de l'ordinaire. C'est que " Rien dans l'énigme n'incite à faire ceci ou cela " (utiliser le Tableau Périodique, chercher des Sages illustres, …).

Dans certaines énigmes, il est vrai que la procédure à suivre est bien détaillée. C'est par exemple le cas de la plupart des énigmes de TV ou An.

Mais dans bien d'autres, le mode d'emploi est très laconique et l'association d'idées que le chercheur est censé avoir reste très lâche.
Ainsi, dans MN-e45, on a en tout : " Maintenant, lis ceci puis rends-toi en ce lieu. " (en italique) et une paire d'anneaux entrelacés, puis un texte codé. Et le chercheur doit penser à chercher le premier ouvrage où sont apparus les caractères italiques (l'Enéide) et prendre le texte du livre XII (où se situe l'union des Troyens et des Latins) comme clef de décryptage. C'est typiquement le genre d'énigme peu spécifique qui peut amener à chercher dans de multiples directions avant de trouver la bonne.
De même, dans TO, rien n'indique qu'il faille ranger les mots If, Thé, etc dans une grille de mots croisés.

On pourrait multiplier les exemples. Le caractère ténu du lien entre le texte de l'énigme et une solution proposée ne peut être un argument formel à son encontre. La frontière entre " subtil " et " tiré par des cheveux " est souvent affaire d'appréciation personnelle.

Zone

Le moyen d'y arriver est successivement :
Dans FB, on arrive au château de Versailles par un tracé linéaire aidé d'un indiçage analogique (la " lumière "), puis on y cherche l'aqueduc par l'indication " cherche l'eau ". Ce genre de discours imagé se retrouve assez bien dans la 520.
Conjugaison d'indices dans BS : il faut penser que l'on est dans la région du front de la guerre 14-18 + que l'on est à une certaine distance (300 km en l'occurrence) d'un lieu trouvé auparavant (Saint-Claude) + à une homophonie avec le nom de la forêt (" Joli endroit " ? forêt de Beaulieu).
La commune finale de HH (Le Muy) et la zone (Terres Gastes) sont données par cryptogrammes. Max Valentin peut amener à une zone précise sans utiliser de tracés sur carte.
Cryptogramme aussi dans TF, mais qui semble trop long pour être transposé directement à CO.
La zone de TO est déterminée par des triangles tracés sur la carte de France, qui pointent vers la région autour de Laon. Intéressant : c'est un exemple où l'on peut obtenir avec des traits une zone sans limites nettes ni nom. A nouveau, un indiçage sémantique (" Réflexion, fille de méditation ") pour obtenir un point plus précis (Saint-Gobain).
Les zones finales des chasses PM se déterminent d'une manière assez basique, par un tracé linéaire sur une carte.
Dans TM, c'est par la combinaison d'un cryptogramme (Remilly) et d'un indice imagé (" Mets-toi au vert " ? forêt).
A nouveau, TV donne un exemple où elle se détermine par une combinaison d'indications géographiques (valeur d'une somme de distance à partir d'autres points connus) et homophoniques (C.F.C.de Thury) données par les deux dernières énigmes.
An est atypique : on arrive par un parcours linéaire à trouver un texte qui servira de clef de décryptage à un chiffre qui nous amène à un site célèbre très distant. Il faut garder à l'esprit qu'il est possible que dans les dernières étapes (520, SS) on puisse tout à fait changer de région, même si aujourd'hui rien ne le laisse croire.
Pas de zone finale dans MN. On arrive à la dernière ville après un simple parcours linéaire.

Répétons-le, on ne peut préjuger des solutions d'une chasse préparée pendant quinze ans à partir d'autres bâties beaucoup plus rapidement. Mais on imagine aisément que la 650 donne une " macro-zone " de la taille d'environ une carte IGN, déterminée par des tracés sur la carte, et que la 520 nous donne le nom d'une forêt par cryptogramme de type stéganographique, aidé d'indices allégoriques (Dame nature …).

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